Grands penseurs en éducation- Torsten Rudenschöld
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painchar
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
457-471.
©UNESCO : Bureau international...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
457-471.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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TORSTEN RUDENSCHÖLD
(1798-1859)
Gunnar Richardson1
La société suédoise
Torsten Rudenschöld, éducateur et artisan des réformes sociales suédoises, vivait dans un
pays qui, malgré sa situation périphérique, était étroitement intégré à la civilisation
européenne.
Au XVIIe siècle, la Suède était une grande puissance européenne, maîtresse de
vastes territoires sur le pourtour de la mer Baltique mais, par la suite, elle s’était trouvée
reléguée au second plan.
En 1809, alors que Rudenschöld était enfant, la Suède subit deux traumatismes: la
perte de la Finlande, partie intégrante de son territoire, à la suite d’une guerre avec la Russie,
puis une révolution politique qui mena à la destitution du roi et mit fin à la monarchie absolue.
Une constitution accordant davantage de pouvoir au Parlement fut adoptée.
Plus tard, l’un
des maréchaux de Napoléon, Jean-Baptiste Bernadotte, fut élu héritier du trône, ce qui
témoigne de l’étroitesse des relations culturelles et politiques de la Suède avec la France et
des espoirs qu’elle plaçait alors dans la politique étrangère.
Par une ironie de l’histoire, les
premiers décrets régissant les écoles élémentaires furent pris par un roi qui n’avait jamais
appris la langue du pays.
Au milieu du XIXe siècle, la Suède était un pays vaste et peu peuplé qui comptait à
peine plus de 3 millions d’habitants, dont 90 % vivaient de la terre.
Pourtant la société
suédoise n’était pas statique : l’agriculture se modernisait à un rythme relativement rapide ; un
nouveau système de crédit s’appuyant sur les banques locales se mettait en place ; un grand
projet de construction de canaux (« Göta kanal ») était en cours ; la presse, riche en journaux
locaux et en petites revues, se développait rapidement (le nombre de titres passa d’une
vingtaine en 1800 à 120 en 1840) ; les collectivités locales se renforçaient et l’activité
politique s’intensifiait.
Tous ces changements suscitèrent un climat propice au débat public.
Du point de vue ethnique, linguistique et religieux, la société suédoise était remarquablement
homogène.
L’Église suédoise d’État était luthérienne et les citoyens ne pouvaient vivre hors
de son sein mais, au milieu du XVIII siècle apparurent les premiers groupes de dissidents.
Les
problèmes les plus préoccupants à cette époque étaient liés à la très forte croissance de la
population qui augmenta d’environ 50 % pendant la première moitié du XIXe
siècle avec,
pour conséquences, le chômage et le sous-emploi ainsi qu’une grande misère, en particulier
chez les paysans sans terres.
Les problèmes sociaux engendrés par l’apparition d’un
prolétariat rural occupèrent une place considérable dans le débat qui allait s’engager sur
l’école élémentaire pour tous.
Tel était donc le contexte social dans lequel Torsten Rudenschöld consacra sa vie à
l’éducation.
Afin de comprendre l’ampleur de la tâche qu’il s’était imparti, il est important
d’avoir quelques notions sur la façon dont l’enseignement était organisé en Suède ainsi que
sur les problèmes pédagogiques qui se posaient à l’époque.
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